La chirurgie esthétique peut-elle donner une meilleure image de nous-même ?

Dr Patrick Baraf dans l'émission Mon bien-être sur Direct 8

La chirurgie esthétique, une opération physique ou psychologique ? Dans l'émission Mon bien-être sur Direct 8, le Dr. Patrick Baraf, chirurgien à la Clinique des Champs-Elysées explique les motivations des personnes qui décident de se faire opérer.

Caroline Ithurbide (C.I): 200 000 opérations en France, c’est un chiffre qui est en constante évolution depuis quelques années, est-ce que c’est devenu tendance ou en tout cas courant d’avoir recours à la chirurgie esthétique ?

Patrick Baraf (P.B) : Oui, c’est normal que les gens ne se sentant pas très bien cherchent une issue pour avoir une meilleure image d’eux-mêmes et se valoriser et se sentir mieux aussi bien professionnellement que sentimentalement à la maison.

C.I: Pour vous, c’est de plus en plus normal de passer par la case chirurgie esthétique ?

P.B :C’est une démarche qui se normalise. Les gens viennent de plus en plus naturellement. Mais En France, c’est toujours un peu tabou, il y a une sorte de culpabilité de se faire opérer, les gens ne veulent que ça se sache, ils ne veulent pas le dire, ils veulent que ça se voit. Ils veulent un résultat mais ça ne doit pas être écrit : « J’ai fait mes seins ou j’ai fait un lifting ! » Il y a l’absence de publicité qui fait que le marché augmente mais pas aussi vite due d’autres pays où la publicité est autorisée comme en Chine, aux Etats-Unis ou en Amérique du Sud.

C.I: Il y a aussi une question démographique, j’imagine. La Chine, ils sont beaucoup plus nombreux que nous.

P.B : Oui, ils sont beaucoup plus nombreux que nous mais il y a aussi énormément de chirurgiens. Il y a 1500 chirurgiens esthétiques dans la ville de Rio et 900 seulement dans toute la France.

Jean-Michel Cohen (J-M.C) : Est-ce que quand on se fait opérer les seins, on fait une opération pour se sentir mieux dans sa tête ou est-ce que c’est vraiment uniquement de l’esthétique ?

P.B : C’est de l’esthétique mais il y aussi un mal-être. Si on parle particulièrement des seins, ils font partie de la séduction féminine depuis toujours. C’est une des opérations la plus répandue en France.

C.I: Mais pourquoi plus qu’avant ?

P.B : Parce qu’on a la possibilité de le faire. En 1962, il y a eu les premières prothèses mammaires et, depuis, il y a eu des progrès constants qui ont fait connaître l'intervention auprès des femmes. et les ont convaincues.

C.I: En termes d’évolution technique, est-ce que peut aller encore beaucoup plus loin que le niveau que l’on a atteint aujourd’hui ?

P.B : Ou. En quarante ans, l’anesthésie a fait des progrès fantastiques, sur le plan technique les opérateurs sont bons, les chirurgiens sont sérieux et très formés.

C.I : Mais est-ce que ce n’est pas grave de soigner le physique avant de soigner l’aspect psychologique puisque, vous le dites vous-même, les gens qui viennent vous voir ont à la base une sorte de fragilité psychologique. En tout cas, ils ont un complexe ou quelque chose qui ne leur plaît pas dans leur corps.

P.B : Mais on soigne les deux à la fois. Imaginez-vous une femme qui n’a pas de poitrine et qui va en retrouver, c’est son rêve, elle a besoin de cette séduction pour se sentir bien dans sa peau, pour aller vers les autres, aussi bien professionnellement que familialement.

C.I : Vous voyez les gens vraiment plus heureux ?

P.B : Mais bien évidemment ! Vous refaites un nez très déformé chez une jeune femme, vous verrez son caractère évoluer et se transformer, c’est la chirurgie du bonheur !

J-M.C : J’arrive à concevoir tout cela mais j’aimerais que vous m’expliquiez ce mécanisme. On a vu beaucoup de femmes se faire opérer des pommettes ou des lèvres, pour donner cet exemple assez caricatural, et finalement tout le monde dit : « On ne comprend pas pourquoi elle a été opérée, ça l’a abîmée, pourquoi a-t-elle fait ça ? » mais elle se sent plus heureuse. Comment vous expliquez ça psychologiquement ?

P.B : Alors ça, ce sont les défauts, les excès.

J-M.C : Ce ne sont pas des défauts, les gens sont contents !

P. B : Les gens sont contents et pas les autres dans la rue qui se retournent sur certaines personnes qui passent et on se dit : « Qu’est-ce que c’est ce lifting poisson avec cette grosse bouche de canard ?» Ce sont des excès de la chirurgie esthétique.

J-M.C : Je ne parle pas de l’excès. Pourquoi ces gens-là se sentent bien d’avoir fait ça alors que nous tous, nous avons une vision assez négative ?

P. B : Tout à fait. On a une incompréhension de cette chose et là je n’ai pas réellement la réponse de savoir pourquoi des gens qui ont une apparence post-chirurgicale, c’est-à-dire qu’on voit qu’ils ont fait quelque chose, finalement sont contents. Alors là, il y a une perturbation psychologique certaine de leur image du corps et je pense que les chirurgiens sont formés pour refuser de traiter jusqu’à ce niveau et faire des grosses bouches, faire des yeux, des pommettes asiatiques chez des Européens.

C.I : Mais une fois que c’est fait, c’est fait

P.B : Une fois que c’est fait, c’est fait et c’est difficile de défaire. Il y a des écoles en chirurgie esthétique et il y a des écoles qui créent des excès et il y a des formations scientifiques que les chirurgiens ont et des formations artistiques qu’ils n’ont pas.

C.I : Vous, à titre personnel, est-ce que vous allez dissuader un de vos patients et dire : « Je n’y vais pas, ce n’est pas adapté à votre personnalité, à votre physique » ?

P.B : Tout à fait et ça c’est très français. On va se comparer maintenant aux Américains. Si on a une jeune femme qui arrive et qu’elle a un nez parfait mais qu’elle veut en changer, le chirurgien américain va l’opérer et le chirurgien français va lui dire : « Votre nez est très bien, vous n’en avez pas besoin, restez comme ça ! »

J-M.C : Est-ce que vous avez des femmes qui viennent parce que leur mari leur a demandé de faire une intervention ?

P.B : Les femmes vous disent toujours : « Je fais l’opération pour moi-même, jamais pour mon mari ». Mais c’est vrai que de temps en temps les maris poussent et si certains sont demandeurs, d’autres sont contre. Ce qu’on veut, c’est le bien-être de la femme.

 

Posté le 03 mai 2013

 

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