La chirurgie esthétique et les jeunes

Emission Mon bien-être sur Direct 8

L'émission Mon bien-être du 12 mars 2012 sur Direct 8 portait sur le thème : "La chirurgie esthétique chez les jeunes". Pour en parler, Jean-Michel Cohen et Caroline Ithurbide reçoivent Michel Cohen, le PDG de la Clinique des Champs-Elysées.

 

 

Quelques extraits choisis parmi les meilleurs moments de l'émission.

 

La démocratisation de la chirurgie esthétique depuis 1980.

Caroline Ithurbide (C.I): Pourquoi la chirurgie esthétique a-t-elle autant de succès auprès des jeunes ? Comment on explique ce chiffre, 63% des 15-24 ans veulent changer quelque chose dans leur apparence ?  

Michel Cohen (M.C) : Je pense que déjà au départ, il faut positionner un petit peu le problème. C'est-à-dire, aujourd’hui on parle des jeunes, moi je voudrais remonter un petit peu au démarrage de cette histoire.

C.I : Qui ne concernait pas nécessairement les jeunes au départ ?

M.C : Qui ne concernait pas les jeunes au départ. Avant 1980, la chirurgie esthétique était réservée à tout ce qui était star-système, quelque chose de très cher, très peu d’intervenants, très peu de demandes et le véhicule c’était le cinéma. On voit les films, on voit toutes les grandes actrices, elles sont belles, elles présentent bien, on les maquille et donc on essaye de leur ressembler mais on n’a pas les moyens.

En 1980, Illouz invente la liposuccion, il apporte une solution chirurgicale à un problème qui concerne 60 à 70% des femmes alors que la chirurgie esthétique ne concernait qu’une petite minorité. Et cela été la révolution ! Quand la demande est arrivée, c’était plutôt des quadras. Elles avaient les moyens de payer cette intervention, elles avaient bien réfléchi, elles ne s’étaient pas trop renseignées, elles découvraient la liposuccion chez nous. Ce n’est pas du tout les jeunes d’aujourd’hui. Quand ils arrivent, ils sont passés par Internet, ils sont passés par Google, ils connaissent pleins de choses, ils comparent les prix.

Jean-Michel Cohen (J-M.C) : Quelle est la date qui marque la rupture avec le fait que des jeunes de 18 ans demandent à ce que l’on refasse le nez, les seins, les épaules, les fesses...

M.C : En 1980, il y avait 3 chaînes, 4 chaînes. En 1990-95, 30 chaînes, 40 chaînes, 50 chaînes, 70 chaînes. Là on passe à une diminution de l’âge de la patientèle qui commence à partir de 25 ans.

C.I : Donc, il y a un lien entre les médias, l’image et la jeunesse qui vient vous consulter ?

M.C : Bien sûr. Mais là aujourd’hui ce sont les réseaux sociaux. Aujourd’hui, les jeunes ils ont tous leur iPhone. Ils ont des millions d’images de people, de jeunes actrices et veulent leur ressembler.

Les opérations de chirurgie esthétique sur les moins de 18 ans.

C.I : Quand on commence à 15 ans à se poser des questions sur son physique, à vouloir changer son apparence, cela concerne 63% des jeunes, c’est quand même énorme, qu’est-ce qu’on dit à ces gens-là ?

M.C : A la clinique, on a comme éthique, avant 18 ans, j’écoute mais je n’interviens pas.

C.I : Vous le faites vraiment réellement ?

M.C : Absolument ! Pour une consultation de mineur, je conseille aux chirurgiens de recevoir les deux parents. D’abord parce qu’un parent peut être pour, l’autre contre. Je ne veux pas que les enfants profitent d’un problème entre le père et la mère, pour faire du chantage affectif. On va essayer de voir déjà à 15 ans par quoi un jeune peut être concerné. Il y a les demandes qui existent depuis toujours et que l’on accepte comme les oreilles décollées.

C.I : Souvent ils savent très bien ce qu’ils veulent, ils veulent refaire leur nez, refaire leur poitrine.

M.C : Avant 18 ans, l’être humain n’est pas fini. Vous faites une rhinoplastie alors que le nez peut encore se modifier, vous touchez aux seins alors qu’une jeune fille n’a pas une poitrine totalement formée.

C.I : Donc on ne touche pas à un enfant de 15 ans ?

M.C : Absolument, d’abord parce qu’il n’est pas assez mature et deuxièmement cela peut avoir des conséquences sur son image qui est en pleine construction. Modifier son image sans pouvoir revenir en arrière, cela peut avoir des conséquences catastrophiques.

C.I : Pourtant certains parents encouragent leur enfant et lui dit "allez, on y va, parce que c’est insupportable de t’entendre râler, être mal dans ta peau", etc.

M.C : Le chirurgien ne doit pas subir un diktat. Il y a des gens qui viennent avec des catalogues : "Je veux ces seins ! Je veux ce nez", il ne faut surtout pas rentrer dans ce jeu-là.

C.I : Pourquoi ?

M.C : Parce que la chirurgie esthétique ne modifie pas, elle améliore, elle transforme.

J-M.C : Alors ce que vous êtes en train de dire, c’est que quand vous avez une demande, vous vérifiez si elle est en bonne adéquation avec ce que vous êtes capable de faire.

M.C : Exactement !

 

Posté le 14 mars 2012

 

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