« Implant Files » : Ce que nos patientes doivent savoir

Implant Files : Ce que nos patientes doivent savoirLe Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) a dévoilé dimanche 25 novembre une enquête sur les implants. Il en ressort notamment que les implants mammaires texturés augmenteraient le risque de développer un cancer rare et agressif, le lymphome anaplasique à grandes cellules (LAGC).

Il existe trois sortes d’enveloppe autour des implants mammaires : les lisses, les texturées qui ont une surface rugueuse et les macrotexturées qui sont très rugueuses. Ce sont principalement les implants texturés qui posent aujourd’hui question dans l’apparition possible du lymphome anaplasique à grandes cellules LAGC. Et parmi ceux-ci la prothèse macrotexturée Biocell d’Allergan est particulièrement dans le viseur.

Une pathologie très rare sous surveillance en France depuis 2011

Le lymphome anaplasique à grandes cellules (LAGC) est une pathologie très rare, connue et surveillée depuis 2011 par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM). Tous les cas de LAGC en France développés par des femmes porteuses d’implants mammaires sont enregistrés dans la base de données de matériovigilance de l’ANSM après confirmation du diagnostic par une deuxième lecture anatomopathologique par le réseau LYMPHOPATH.

A ce jour, 53 cas de femmes atteintes de LAGC sont confirmés en France sur 500.000 femmes porteuse d’implants mammaires. A l’échelle mondiale, le nombre de cas répertoriés en février 2018 est de 600 environ sur 40 millions de femme porteuses d’implants.

Le Dr. Baraf remarque : « Si le sujet est préoccupant, il faut garder le sens de la mesure et ne pas paniquer inutilement même si les médias s'en sont fait l'écho, avec souvent leur habituelle passion ».

Aucune certitude scientifique à ce jour de la responsabilité des implants texturés

Le lymphome anaplasique à grandes cellules (LAGC) se développe de préférence chez des femmes avec des implants texturés. Bien que la raison exacte soit inconnue, les chercheurs avancent plusieurs hypothèses pour expliquer pourquoi les implants texturés augmenteraient le risque de cancer.

  • D'abord, la texturation, qui en créant des particules provoque une abrasion, conduirait le système immunitaire à développer la maladie après un certain nombre d'années.
  • Autre explication : certaines femmes seraient génétiquement sensibles au LAGC.
  • Enfin, une infime quantité de bactéries présentes à la surface de l'implant entraînerait une irritation continuelle, qui après huit à dix ans, pourrait provoquer un lymphome.

Compte tenu du nombre infime de cas déclarés en France, l’ANSM a demandé à avoir accès aux statistiques européennes et américaines pour disposer d'un échantillon élargi et se forger une opinion sur des critères plus fiables.

Le Dr Baraf constate : « Dans l'état actuel, des investigations sont en cours et doivent relever de véritables études scientifiques. Cela prendra un peu de temps ».

Les recommandations des autorités sanitaires françaises

Par principe de précaution, l'ANSM a recommandé aux chirurgiens esthétiques de poser de préférence des prothèses lisses plutôt que des prothèses texturées en attendant les auditions publiques prévues au mois de février 2019 sur l’utilisation des implants texturés en chirurgie esthétique et reconstructrice.

Cette décision est très attendue, puisque 500.000 femmes portent actuellement des implants mammaires en France. Dans 80% des cas, les implantations sont faites pour des raisons esthétiques et 20% pour une reconstruction après un cancer, estime un rapport de la Haute autorité de santé datant de 2015. Les implants texturés, mis en cause dans la survenue de ces cancers, représentent 85% du marché français, contre 15% pour les implants à enveloppe lisse.

La ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a expliqué le 27 novembre sur France Inter : « Pour l'instant il n'y a pas de décision de police sanitaire qui interdirait les prothèses texturées, ça peut évoluer dans le temps si nous avons des preuves scientifique que ces prothèses sont particulièrement toxiques. Il y a des cas où c’est mieux pour les femmes d’avoir une prothèse texturée, donc si on interdit complètement, on va mettre en difficulté un certain nombre de femmes ».

Chez une femme déjà porteuse d’implants texturés, il n’est pas nécessaire de réaliser une ablation préventive d’implants en-dehors de signes cliniques tels qu’un épanchement autour du sein, une augmentation de la taille du sein ou une douleur du sein car le fait de retirer les prothèses entraînerait plus de risques opératoires que de les garder.

Le Dr. Baraf conclut : « Informez-vous objectivement, décidez sereinement, consultez-nous. La sécurité des patientes est la première motivation de chaque chirurgien. Le suivi vous apportera la tranquillité requise à la réussite de votre augmentation mammaire, une des deux opérations plus pratiquées dans le monde ».



Posté le 29 novembre 2018



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